La forêt, le bois et les Hommes…

La Chasseuse cueilleuse, le cri silencieux…

Egérie d’ une cause qui me porte et m’anime depuis longtemps, la Forêt sauvage et la sauvegarde de la biodiversité. Née d’une rencontre improbable et furtive, la jeune femme a tout de suite endossé le costume et sut traduire mon message. La séance photo fut improvisée dans une clairière, avec comme seul décor un feu fumant quelques branches et des peaux de bêtes comme seuls vêtements ou couchage. Les photographies de ce reportages furent décriées à leurs débuts, puis le message fit son chemin. Le cris silencieux de cette femme interpelle aujourd’hui, cette chasseuse cueilleuse est au centre de l’expo. La forêt est en danger, la nature est en danger, elles souffrent, les femmes souffrent également. Merci C. de ton implication et bon vent à cette expo…

Exposition Quai Alpha à Epinal

Vernissage le 22 novembre. Le Quai, n’est pas une salle d’exposition mais plutôt un lieux de rencontre, une ruche, un incubateur, une communauté. Cela me convient parfaitement. Après quelques déboires, un passage assez discret à l’ ECSP de Cornimont, je peux enfin présenter cette exposition qui se veut militante, itinérante et évolutive. Merci à l’équipe d' »Alpha » de m’accueillir.

Juste à coté de la gare à Epinal

Retour d’expérience…

Il y a 50 ans, mon père hérite d’une parcelle de terrain en montagne, un hectare de terre pauvre et rude. Il décide, parce que c’est la mode de l’époque d’y planter sur 5000 m² des épicéas. Il a fallu les arroser et les protéger, encore et encore, j’avais dix ans je m’en souviens très bien. Sous ces arbres en rangs d’oignons rien de vivant, pas de flore ni de faune, une terre acide, une mauvaise érosion et des terres ravinées. NUL ! Plusieurs sécheresses, d’étés secs et le scolyte en sont venus à bout. Jeu set et match. Par contre, sur les 5000 m² restant mon père décide de n’y rien faire. « Ça finira bien par donner quelques chose…, » Il restait quelques arbres adultes qu’il décide de laisser vieillir. Une belle idée toute simple. Aujourd’hui la parcelle de rien est un petit bois riche de beaucoup d’essences d’arbres, il y a des insectes, des oiseaux, des animaux petits et très grands des fleurs avec des papillons et des arbres morts qui nourrissent les vivants. La température en été reste plus fraiche grâce aux feuillage, aucune maladie et le sol est riche également d’une micro faune indispensable. Qui peut savoir sauf la nature de quel bois seront fait nos cercueils dans 80 ans !

Autre histoire, pas très loin… Ne pas se fier au apparences…

2/3 ans après les attaques de scolytes, une parcelle qui semble abandonnée, oubliée Rdv dans 10 ans comme disait Bruel ! 2/3 ans après les attaques de scolytes, le vent ayant fait son œuvre il a laissé un mikado infranchissable. De partout des petits épicéas, érables, colonisent les lieux et se nourrissent de la décomposition des arbres morts, et que dire des animaux qui y vivent. Conclusion… Et cela n’engage que moi, mieux vaut ne rien faire et laisser le temps et la nature décider !

Une exposition au milieu de lieux de vie et de travail
Une des photos emblématique de l’exposition; une chasseuse cueilleuse revisitée.
Julia et Stéphanie
Un cœur de scolyte découvert par hasard lors d’un vol de reconnaissance en drone
Les photos sont à découvrir, disséminées un peu partout dans le bâtiment. 28 au total
Une vision contemplative (il en faut) de la forêt du coté du Val d’ Ajol.
Les acteurs de la forêt, volontairement mis en lumière. Anthony Claudel
Jean Houbre, comme mon frère, en action avec son fils
Escalier Morel La Bresse, le bois valorisé, marié

Génèse du projet

Ayant grandi à coté d’une scierie au son si particulier de son haut fer, entre le ruisseau et le bois, photographier la forêt allait de soi. Photographe mais aussi ébéniste, ornemaniste ou constructeur de cabanes, un appareil d’une main, une gouge de l’autre, j’ai navigué d’une passion à l’autre toute ma vie, l’histoire n’est pas terminée… Mon père, lui, travaillait à la scierie du village, il était sagard comme on dit par ici. Il sentait bon la résine en rentrant le soir d’une journée, à scié des m² de sapins ou d’épicéas. Le décor est planté et je l’ai bien soigné, en plantant et repiquant des centaines d’arbres ou que je vive. Rien d’étonnant donc qu’ aujourd’hui je photographie encore et encore tous ce qui tourne autour. Rien d’étonnant non plus que je me lève et m’insurge dés qu’on dépasse les bornes et la clairière. Touchez pas à mon arbre…

Mon vieux sapin, à l’angle d’une parcelle, la haut à Beaudimont, héritage.
Terre de mes aïeux et terrain de jeux de mon enfance.
Une cabane à la clairière aux cabane à Bol d’Air La Bresse. Expérience

Nous venons tous du ventre d’une femme, la forêt est notre berceau.

Méditation chamanique ou sylvothérapie.
Etre dans une forêt ou à proximité d’arbres aurait un effet bénéfique ? Sans entrer en méditation, se trouver sous des arbres centenaires en pleine nature est évidement très positif à notre santé.

De nos jours, systématiquement, les forêts sont vues et considérées malheureusement comme un vulgaire produit. L’ arbre une fois « récolté », pour ne pas dire abattu, trouvera un autre destin que de vieillir paisiblement, il sera bois. Faire du feu et des armes, cuire ses aliments, construire des cabanes, des ponts, des bateaux, des instruments de musique, des maisons en bois toujours plus grandes donnèrent aux hommes une raison de vivre, un métier, un couvert, un avenir. La vie et la survie des chasseurs cueilleurs dépendaient entièrement et uniquement de la forêt. Rien a changé vraiment, l’avenir et peut-être même la survie de l’homme est intimement liées à une gestion intelligente de la forêt, qu’elle soit d’ici ou d’ailleurs. Il est alors question de biodiversité. Nous sommes La biodiversité. Cette chasseuse cueilleuse crie son désarroi. Une société qui ne respecte pas les femmes et la forêt est une société qui va mal. Le Cri silencieux…

Merci à toi, Charlotte de ton implication et de ta confiance dans ce projet et d’avoir endossé le rôle de cette chasseuse cueilleuse revisitée. Son cri silencieux n’a pas d’écho…

Le bois et l’Homme ou l’industrialisation systématique de la forêt

Ma démarche est déjà et surtout photographique. Je n’ai pas les compétences que certains se proclament et n’ont pas forcément, je regarde et je photographie. L’histoire, le temps qui passe et les rencontres me montrent que les sachants et autres technocrates, générations après générations recommencent les mêmes erreurs. Pour faire court, les décisions sont toujours économiques et c’est bien là le problème. On confond souvent la forêt et le bois. La forêt et les arbres sont des êtres vivants, le bois est un produit de consommation comme le plastique, (pétrole) ou l’ acier. Noble bien sûr, mais cela reste avant tout un produit de consommation. Cette exposition est donc là pour ouvrir des débats, comprendre et expliquer, donner la parole à toutes et tous, éduquer les enfants sous forme de rencontres. Sur ce sujet où la vie d’un arbre se compte parfois en siècles, personne ne détient la vérité. L’humilité est de rigueur.

« Seule l’utilisation accrue du bois dans le Bâtiment est en mesure de sauver les forêts du monde », disait Julius Natterer, professeur.

Suivi de Chantier DECOBOIS
Charpente en mélèze. Decobois Chalets

Résilience, un terme devenu à la mode

A peine quelques jours après les incendies du mois d’Aout, la nature revient, enfin, les fougères reviennent. Faut-il s’en réjouir ?, sans doute... La résilience de la nature est surprenante, mais ne doit pas nous satisfaire. Le feu, c’est la mort de tellement de vie que seule fougère ne pourra pas remplacer.

Le feu du Ménil a beaucoup touché les esprits.
Il a plu depuis, que reste-il des émotions du moment ?
Bord de route, secteur de Vagney, aussi touché cet été.
Au départ une petite fougère…

Les Vieilles forêts… (Source REPORTERRE)

Le bois mort, c’est la vie. Le sentier a disparu et les rayons du soleil peinent à percer l’épaisse canopée. Il faut progresser à tâtons sous un manteau de verdure, et s’enfoncer encore plus profondément dans les bois. La terre est meuble, le sol parsemé de troncs moussus, tombés au fil des tempêtes. Dans les rares puits de lumière, des ronces gagnent le terrain. Au loin, une grive musicienne répète ses trilles flûtés, cachée dans les branches d’un grand hêtre, couvert de lierre. Ici, le vivant semble se déployer en toute liberté, de manière spontanée, avec toute sa puissance et sa vitalité.

https://reporterre.net/Les-vieilles-forets-un-tresor-en-danger

Plus d’infos sur ce reportage…

L’exposition à Cornimont. ECSP Octobre 2022

Emission « La vie en Vosges » avec Livia Buchler

On y parle de forêt et de l’expo de Cornimont à l’ECSP

Sur le même registre et pour aller plus loin dans la réflexion. Je vous invite à consulter cette vidéo qui en dit long sur l’état de nos forêts.

https://fb.watch/fBfzX-BhkL/

Le réchauffement climatique a bon dos !

La déforestation humaine sur le globe ajoutée au réchauffement climatique laisse peu de place à l’optimisme. Cette carte « vieille » de 4 ans nous montre la pression humaine sur la forêt qui n’est vue que sur un coté productiviste. Triste réalité, mais qui n’a rien à voir avec le réchauffement climatique… Cela me fait penser à un fumeur invétéré, asphyxié d’avoir trop fumé qui continue malgré les avis de ses proches et de son docteur. Heureusement la forêt et les poumons sont résilients. Il suffirait de moins exploiter et de moins fumer pour que les choses « rentrent dans l’ordre ». Mais l’humain est ainsi et on est tous coupable…

Un monde sans pétrole sera un monde démondialisé… Encore une phrase qui en dit long, ou pas assez. Et la forêt et l’eau dans tout ça…

Exposition, accrochage.

Ce matin à la fraiche, accrochage de l’exposition à l’ ECSP à Cornimont. Ouverture officielle Vendredi 2 septembre. Comme je l’avais déjà précisé et proposé, cette expo se veut militante, évolutive et itinérante. Militante, afin de proposer des réflexions sur des sujets d’actualités autour de la forêt. Evolutive parce qu’elle sera modifiée et surtout augmentée au fur et à mesure des lieux ou elle sera déposée et proposée. Enfin, itinérante, parce qu’elle pourrait voyager. Novembre, elle sera à la Bresse.

Moment important d’une exposition photo, le tirage. Sur le secteur de la vallée de la Moselotte, j’ai la chance de faire mes tirages en circuit court. L’entreprise Illico Perso à La Bresse s’est équipée en conséquence et livre des tirages de qualité au juste prix et à tous les formats. Aurélie a très bien compris les demandes et les exigences des photographes. Une affaire à suivre !

Exposition à venir cet automne,
elle se veut militante…

« Seule l’utilisation accrue du bois dans la construction peut sauver les forêts du monde » je cite Julius Natterer, architecte et professeur. J’aime à dire aussi, « la forêt est notre mère à tous ». Une phrase fait également écho à ma démarche. « Il faut adapter la scierie à la forêt et non l’inverse« . De bien belles phrases pleines de bon sens, mais concrètement, on fait quoi ? Malheureusement on ne peut que s’adapter, la tendance au réchauffement climatique bouleverse les équilibres de la nature et provoque déjà d’importants changements sur le climat.

A l’heure où j’écris cet article, été 2022,
(Le climat est brulant et anxiogène) la sécheresse est terrible et pour beaucoup de forêts et d’arbres elle sera fatale. Elle était prévisible comme toutes les calamités que nous allons devoir subir. Cela fait des décennies que les scientifiques nous l’avaient expliqué en long et en large. La nature, parait-il est résiliente, mais c’est encore une phrase d’humain. Comme je le pense et dis souvent, nous sommes tous coupables par nos modes de vie et nos façons de consommer et malheureusement rien ne va vraiment changer. Donc il va falloir s’adapter et rester positif dans cette ambiance plus qu’anxiogène.

Jean-Luc Sandoz en préface du livre « Le Peuple du Bois » résume très bien la situation de l’état des forêts en général et dans le monde.

#La Forêt notre mère à tous

Cette photo fut souvent controversée, elle est le fruit de mon imagination et de la collaboration avec cette jeune femme. Je l’ai nommée « le cri silencieux ». Cette chasseuse-cueilleuse hurle son désarroi face à la destruction des forêts et sa place de femme et de mère dans nos sociétés.
Presque 10 ans …

Pire que la sècheresse et qui souvent vient à la suite, il y a le feu et les incendies qui exterminent toutes vies animales et végétales.



La brume au milieu des résineux symbolise bien la forêt vosgienne. Un dicton populaire disait « C’est le renard qui fume la pipe ». Prenons garde que les brumes d’humidité ne deviennent pas des fumées d’incendies. Les forêts vosgiennes seraient très impactées par des feux qui deviendraient rapidement gigantesques.
13 Aout 2022. C’est ma première photo d’incendie de foret dans les Vosges…

#Et les Z’animaux… de la forêt

Il manque le loup et le lynx à la forêt vosgienne pour retrouver un équilibre naturel. La chasse pourtant présente, n’arrive pas à rétablir un bon ratio et une biodiversité « normale ». L’égrainage massif de maïs n’a rien arrangé. Il est d’ailleurs toujours pratiqué. La chasse, c’est LE sujet clivant.
Ce sont eux les vrais propriétaires des bois et des forêts. Chevreuils, cerfs, renards, oiseaux, insectes, reptiles, poissons… Prenez le temps d’écouter et de regarder et rien de mieux que des jumelles pour comprendre et découvrir la forêt.

#La Forêt loisirs

Parc aventure et accrobranche, mais pas que. Les activités de loisirs forestières sont nombreuses et essentielles à notre équilibre.
La forêt est devenue un terrain de jeu gratuit où naturellement, on s’échappe. On y puise l’oxygène indispensable à notre survie et c’est un puit de carbone comme les océans. Malheureusement, les espaces de quiétude pour la faune et la flore s’amenuisent. Les activités outdoor sont de plus en plus nombreuses, chacun revendique son bout de forêt, son espace de liberté. Les animaux sauvages s’adaptent, reculent ou disparaissent, pendant que les professionnels du tourisme vendent une nature sauvage et inépuisable, inondant la toile de paysages soi-disant à « couper le souffle ». On est tous coupables, on revendique et demande un tourisme vertueux pour chez soi, mais sommes-nous irréprochables lors de nos vacances après des heures de vols ? Bien sur que non… L’humain occidental et j’en fais partie est une machine à consommer. Les industriels l’ont bien compris.

#La Forêt exploitée / exploitable

L’ONF, les gardes forestiers comme on disait …
L’action de martelage est du domaine des agents de l’ONF.

Poinçon d’un marteau de martelage.

Bucheron de père en fils, il connait bien la forêt. Dominique récolte mais replante également mais là, il casse la croute !
Un gros sapin du coté de la Bresse.
Jean Houbre et son fils Sébastien. On a grandit ensemble.
Le passage d’un col sous le Rotenbach

#La Forêt nouricière & gourmande

Les fruits des bois. Champignons, myrtilles ou brimbelles.

#La Forêt malade

Certaines photos se passent de commentaires. C’est en survolant au hasard, en drone, que j’ai découvert cette clairière coupée à blanc en forme de cœur. Je l’ai trouvée belle et triste à la fois. A chacun d’en faire sa propre interprétation.
Vu que les épicéas n’ont plus la cote, les coupes rases des lendemains de scolytes risquent de devenir des plantations de douglas.
Epicéa mort des suites de l’attaque de scolytes
La larve de scolyte, par qui le scandale arrive !
« On ne récolte que ce que l’on sème », encore un dicton qui va bien. Je me rappelle très bien de mon père dans les années 70 / 80. Il faut planter et repiquer des épicéas pour les générations futures…
Le scolyte la petite bête qui monte…

Les vieilles forêts vosgiennes comme on aime à le dire, n’hébergeront bientôt plus le grand tétras, et même si des solutions de repeuplement voient le jour, c’est tout de même un échec…
Sa disparition symbolise la fin d’un temps
© Michel MUNIER – Michel Munier a passé sa vie à la protection des espaces et des espèces sensibles. Il fait partie des fondateurs du GTV, le groupe tétras Vosges

#Le Bois de la Forêt

Scierie Germain Mougenot à Saulxures
Le bois, c’est le matériau idéal. Il sait tout faire et peut tout faire.
Il faut dépasser l’utopie et c’est possible avec le bois, l’industrie en maitrise le process.
L’économie circulaire
Le mobilier est né du travail des hommes.
Le bois construction. Profession charpentier
Le bois artistique, profession sculpteur
A l’ouest des Vosges, une pépite. L’école de lutherie de Mirecourt.

#L’exposition « La forêt, le bois et les Hommes » se veut militante, oui je sais je l’ai déjà dit.

Auteur/autrice : photographe

presque 40 ans de photo. Encore autant et j'arrête !

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