Profession Débardeur

Le débardage dans les Vosges c’est la variante de marin pêcheur en Bretagne. Un métier engagé, dangereux et très technique. Les conditions météo difficiles en montagne font partie intégrante du métier, tout comme la haute mer.

André Ferreux me raconte son parcours plein d’humilité. Il arrête le tracteur, sort une boîte à rouler en ferraille limée d’avoir tant roulé et se bricole un mégot qu’il allume tranquillement. Ses mots sont simples et plein de bon sens. Des intonations de patois ne laissent pas de doute, on est bien dans les Vosges.

 » Avec les frangins on a repris derrière le père, mais un des nôtres s’est tué en forêt en 80. C’était dur, mais on a rien lâché et je suis toujours là, mais le métier a bien changé. Le matériel est plus pointu et performant mais un tracteur comme celui ci coûte 400.000€, y faut pas s’endormir… La gestion de la forêt aussi a changé, les bucherons ne ramassent plus ni ne brûlent les branches. Les coupes sont des champs de bataille ou il faut parfois chercher les grumes. Et puis le scolyte s’en est mêlé. C’est pas simple mais on y arrivera « 

Seuls les hommes calmes peuvent réussir dans le débardage. C’est rude, dangereux et pénible, pas de place pour les énervés. Les accidents sont fréquents et la casse de matériel est à bannir. Alors piano, piano !

Tout comme le cabillaud n’arrive pas tout seul à l’étal du poissonnier, le bois n’arrive pas non plus tout seul au bord de la route. Parfois la coupe est loin, inaccessible et il faut câbler, triller, treuiller encore et encore pour remonter les billes de bois sur la piste. Les grumes sont rassemblées en fagots de plusieurs tonnes et descendues aux quais de chargement en trainées. Un grumier passera les charger afin de livrer les scieries, encore un métier hors norme que je vous ferrai connaitre.

Il faut aimer le mot travailler pour faire ce job. Mais aimer aussi la forêt et la nature parce que malgré tout il faut la respecter. La nuit tombe vite en automne et si je suis obligé de plier mon appareil photo, André compte bien refaire une trainée avant ce soir.

Salut, à bientôt…

7 réflexions sur “ Profession Débardeur ”

  • 21 novembre 2020 à 17 h 59 min
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    merci Michel pour ces belles photos qui montre bien le rude travail en foret avec ses risques

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  • 21 novembre 2020 à 18 h 03 min
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    Très beau reportage, j ai passé mon enfance la haut au grand clos , avec Denis, Raymonde , Pascal elas parti beaucoup trop jeune, fabiene ma marraine , André, Mariannes et Thierry , une belle et grande famille
    Que de souvenirs dans le lathyl, l agrip 4000 , des moments , des souvenirs …

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  • 21 novembre 2020 à 18 h 50 min
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    Très joli reportage sur mon ex beauf !!!

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  • 21 novembre 2020 à 20 h 16 min
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    Beau témoignage de cette profession, si peu valorisée. Les métiers de l’exploitation forestière souffre de méconnaissance, voir de mépris de la part du grand public.
    Pour ma part , je suis salarié dans une ETF depuis 1981 dans le Haut Doubs. Je débarde aujourd’hui avec un HSM 904 H après avoir conduit bon nombre de tracteurs John Deere.
    L’exploitation actuelle de nos forêts basée malheureusement et essentiellement sur la production me laisse dubitatif pour l’avenir…
    Bonne continuation et prudence à vous,
    EP

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  • 22 novembre 2020 à 9 h 47 min
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    Très beau reportage de belles paroles et des photos magnifiques .

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  • 23 novembre 2020 à 16 h 51 min
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    Je sai le courage que tu as avec une grande modestie et combien ce travail est risqué, je pense à toi quand j’entends le bruit du tracteur je te souhaite beaucoup de courage, fais attention à toi

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  • 24 novembre 2020 à 8 h 04 min
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    Bravo pour ce beau reportage, et belle photos saisisente.
    Merci

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